mercredi 28 octobre 2009

Listes unitaires ou pas ?

Pendant que la droite sarkosyste renoue avec sa traditionnelle pêche aux voix frontistes, tentant d'unir les diverses tendances de la droite, les sarko boys, les fous du Puy et les gars de la Marine, la gauche est ,elle, fidèle à son habitude, en ordre dispersé.

Il suffit de voir les déclarations diverses d'un Peillon côté PS, les querelles de clochers ou d'influence, pour ne pas avouer de simples rivalités iznogoudiennes, ou de soucis boutiquiers, gestions des sièges, nombres d'élus et nerf de la guerre (ne pas l'oublier, ça compte aussi à gauche) qui aliment les divergences au sein d'une improbable gauche de la gauche.

Le PCF veut conserver des sièges et de l'influence, pour compenser peut être son inexistence ou presque, coincé qu'il est entre le NPA et le Parti de Gauche ; Besancenot veut rester seul maître à bord chez lui, ce qui a un certain sens, quand bien même cela peut alimenter le discours de ceux qui voient en lui un allié objectif du sarkozysme, quand au Parti de Gauche, sa volonté de s'allier au besoin au PS, si celui-ci renonce au Modem, me surprend.

Quel est l'intérêt de claquer la porte de Solférino si c'est pour s'entendre avec eux. Au 2ème tour, éventuellement, pour assurer que la droite ne l'emporte, mais là, c'est la collision frontale avec le NPA, qui refuse toute alliance et participation à des exécutifs. le mouvement unitaire s'en trouverait alors torpillé.

Le refus de certaines alliances peut se comprendre, les divergences d'idées aussi, un socle commun peut toutefois se dégager, la non participation aux exécutifs, si elle est logique pour des militants NPA, enfin ceux avec qui j'en ai discuté, me semble plutôt contradictoire avec une participation à un scrutin.

D'après le dernier communiqué mélenchoniste, une union est encore possible, les discussions ceppendant n'ont pas encore été finalisées mais les représentants du NPA ont, semble-t-il, été sur une ligne plus soft que elle esquissée par les dernières déclarations d eleur facteur/leader.

Bien que je souhaite une gauche de la gauche unie, pour battre la droite et faire comprendre au PS que l'on ne sortira du sarkozysme que par la gauche et pas par le centre, j'ai l'impression d'assister à un sacré bal des hypocrites, valable pour tous.

Le Parti de Gauche (que je soutiens pour rappel), ok pour s'allier avec le PS, si le Modem reste chez lui. Euh, justement, le Modem fera bande à part, on ne lui a apparemment rien demandé. Donc quoi, alliance directe avec le PS ? Un machin qui permettrait de renouer avec les strauss khaniens, fabiusiens et autres après les avoir quittés ? Le PCF, bôf, tant qu'ils peuvent récolter des sièges, les alliances, même avec la gauche de droite ne les dérangent pas (le seul point d'achoppement, et c'est heureux, c'est Frêche). le NPA, j'ai bien peur qu'il reste sur la ligne des Européennes, persuadé de la justesse de ses idées mais seul et sans autre poids que symbolique finalement. Dommage, la politique n'est pas qu'incantatoire, elle est aussi action et cela signifie donc accepter de siéger, s'il le faut.

Peut on louper l'occasion de l'unité face à une gauche molle quand la droite dure n'hésite plus à violer la séparation des pouvoirs, révoquant les textes de l'Assemblée ou quand, alors qu'elle maintient sa politique de privilèges envers ses clients, elle tente d'instaurer un jour de carence supplémentaire lors des arrêts maladies, ou supprime les subventions de recherches sur le point d'aboutir ?

Non, on ne peut pas, il n'y a plus de temps à perdre. marre des querelles boutiquières, il est temps d'agir, ce pays a besoin d'une vraie gauche, une gauche de combat, quoi. Sinon, ben, rendez vous au tas de sable.

12 commentaires:

FalconHill a dit…

Tu me fais de la peine en me mettant dans la droite sarkozyste ;__; (peuchère, qu'ais je fait pour mériter telle infamie... ^^)

Sinon d'accord avec toi sur Frêche (beurk)

Pas d'accord avec toi quand tu parles de ce besoin d'une "gauche de combat". TOujours convaincu qu'on ne convainc pas par le "combat", mais en succitant un sentiment d'adhésion à ses idées, et en rassemblant. Et je ne crois pas qu'on rassemble "contre", on rassemble sur ces idées, sur ces convictions, en ayant justement cette volonté de rassemblement.
Des personnes comme moi qui ne supportent pas le sarkozysme pourraient voter à gauche. Mais pas pour une gauche "de combat". Pour une gauche de rassemblement.

Après, que les partis républicains récupèrent les voix des extrêmes (Besancenot ou Le pen, pour moi la même chose), je trouve pas forcément cela désagréable. et j'espère que la gauche républicaine (dont le PCF et Mélenchon font parti à mon avis) arriveront à se rassembler.
Mais moins pour du combat (qui excluera fatalement des gens) que pour du rassemblement...

Enfin, c'est ma vision de la politique : je suis bisounours sur les bords ^___^

Bonne fin de semaine Rébus. A bientôt ^__^

Rébus a dit…

Je ne te classe pas dans la droite sarkozyste, c'était pour souligner ton article sur d'autrres conceptions de la droite justement.

Bonne semaine, Faucon

FalconHill a dit…

Ca va mieux en le disant (je cherchais s'il me restait de fonds de bouteille à finir, où si je devais courir à la pharmacie pour des antidepresseurs, bouh bouh bouh)

Ca va mieux : merci !

Bonne journée

Pat59 a dit…

Eh bien... en te lisant je me suis dit : Sarkozy peut dormir tranquille, c'est pas demain qu'il y aura une alliance contre lui.

Je vois en filigrane une chose, chacun campe sur ses positions et ne peut pas faire taire ses divergences pour faire un bloc compact face à Sarkozy qui est le pire du pire juste après les rats et les cafards que je trouve sympathique comparés à lui.
Amitiés
Pat

ElectricEye a dit…

Pour l'unité, vu l'attitude de défi de certains militants du NPA, c'est plutôt mal barré :/ .

Gaël a dit…

c'est fou ! çaréagit vient de faire le même billet mais sur la droite et les droites... 2012 s'annonce compliqué pour tout le monde

Olive a dit…

Je pense un peu comme Pat, la droite a encore de l'avenir devant elle, car la gauche n'a toujours pas compris que trop de parti ne fera pas barrage à SArko.
Rébus je suis d'accord avec toi pourquoi Mélanchon est parti du Ps s'il veut faire une alliance.
Maintenant faut que cette gauche fasse plus qu'un pour nous sauver du Sarkozysme, mes mon rêve disparait de jour en jour.

Anonyme a dit…

Très bon résumé même si c'est encore bien peu de dire qu'on en a marre, à gauche, de ces bisbilles programmatiques.

Pendant ce temps là, depuis 2002, Sarkozy et sa bande de baltringues ont déjà eu le temps de mettre le pays en coupe réglée.

Il est plus que temps de faire émerger une nouvelle force.

Rébus a dit…

Pat, je suis malhereusement d'accord

Electric Eye, oui, mal barré

Gael, le bordel à droite me réjouit mais, il profitera à Sarko (sur ce, faut que lise l'article de l'Hérétique)

Olive, toutes ces histoires de cuisine politique sont plutôt déplaisantes

Anonyme, oui, c'est bien peu, mon agacement va au delà, et merci

des pas perdus a dit…

L'unité est décidément un sport de combat contre certains préjugés ou certains réflexes dus à l'histoire... Pour l'heure ça avance doucement, comme si on marchait sur des œufs...

Le NPA et le PCF ont envie de se mettre sur la gueule comme d'habitude, mais en même temps, ils n'en ont pas vraiment les moyens et ils savent que les citoyens ne leurs pardonneront pas.

Quant au PG, il joue quasiment le rôle de Monsieur Loyal... mettant systématiquement en avant ce qui unifie : on défend globalement les mêmes idées.

Rien n'est joué... L'autre gauche est divisée mais la gauche mou-derne aussi avec les verts et le P"S"...

Agnès a dit…

Partant du principe que "le mieux est souvent l'ennemi du bien", j'admets très volontiers que la position jusqu'auboutiste du NPA (même si sur certains aspects cela se justifie intellectuellement parlant), amène à créer un isolement néfaste.
De là à entendre que le FN et le NPA c'est kif kif, il y a un monde.
Personnellement il y a un truc que je ne comprends pas...Une petite question me taraude l'esprit...
Comment ce parti ultra minoritaire ayant subi (sic) récemment une hémorragie d'adhérents que certains classent HOP LA vite fait dans la catégorie racaille extrêmiste, comment ce parti donc peut-il la plupart du temps chez beaucoup de commentateurs de l'actualité, professionnels ou non, endosser seul la responsabilité du manque d'unité à gauche ?

Agnès a dit…

Je vais ajouter un commentaire. J'étais pas bien réveillée ce matin.
En fait, militer par exemple au NPA c'est quand même se faire mal voir par pas mal de gens, se lever tôt pour differ des tracts, passer du temps à discuter avec les gens, en réunion pour analyser les trucs qui se passent, aller aux manifs et autres rassemblements etc. etc... ça demande de l'énergie quoi en bref. J'imagine que dans les autres partis c'est pareil... ALors en fait quand tu fais tout ça avec une certaine conviction, je comprends tout à fait que tu ne souhaites pas galvauder des idées pour lesquels tu as dépensé beaucoup d'énergie dans un accord électoral où tout serait aplani. C'est humain et ça se comprends. Et ceux qui jettent la pierre sans militer devrait y réfléchir....