mercredi 14 octobre 2009

Europe et surveillance du Net

Deux sympathiques bloggueurs s'inquiétaient récemment du peu d'activité de ce site, histoire de faire une moyenne, pan, deux billets consécutifs, picétout.

Il faut dire que les dernières grandes affaires médiatico blogosphériques telles que la sexualité de Mitterrand neveu ou la fulgurante ascension de Sarkozy junior ne m'inspiraient guère et ont de toutes façons, été traitées par nombre de collègues.

Histoire d'en parler quand même, je dirais que je me fous des histoires de Frédéric Mitterrand et m'étonne qu'une affaire relatée dans un livre en 2005 fasse scandale en 2008. Monsieur neveu a, semble-t-il, payé pour des faveurs sexuelles. Certes, c'est répréhensible. Il se vanterait donc de pratiquer le tourisme sexuel, tout aussi répréhensible, mais est ce plus scandaleux de payer pour ceci en France (ou la prostitution, même si elle est illégale existe) qu'à l'étranger ?

Le tourisme sexuel est l'exploitation de la misère par de riches occidentaux, ce qui, on s'en doute, est une sacrée différence avec la prostitution made in France, hein ?

Passons sur les confusions entre homosexualité et pédophilie induites par l'instigatrice initiale du scandale, qu'est ce qui diffèrencie l'affaire Mitterrand de l'affaire Ambiel, chauffeur aimable de mineure roumaines ?

Jean Sarkozy ? Nommé à un tel poste un type dépourvu de la moindre compétence sur la base de son seul nom, évidemment, c'est scandaleux, surtout lorsque le papa, en flagrant délit d'incohérence fait, discourant sur sa réforme du lycée, l'apologie du travail et de la méritocratie.

Revenons plutôt au titre de ce billet, l'Europe et la surveillance du Net.

La Commission Européenne vient de s'asseoir sur l'avis du parlement Européen (savez, ce truc composé de députés pour lesquels on vous demande de voter). des bureaucrates ne représentant qu'eux mêmes et quelques lobbys ont donc forcé l'adoption d'un amendement 138 très très light, réécrit et vidé même, avec l'entière complicité de la socialiste française Catherine Trautmann.

L'amendement 138, késako ? Trois fois rien, juste un garant de nos libertés sur le net. Gràce au nouveau texte, la création de juridictions d'exceptions sera possible, selon les désideratas des gouvernements en matière de contrôle du Net.

La neutralité du réseau, principe fondamentale est mise à mal et on se dirige vers une surveillance que l'on qualifie d'orwellienne.

Si la France fait preuve tous les jours de dérives anti démocratiques, l'Europe ne fait pas mieux.

14 commentaires:

Le coucou a dit…

Je croyais que l'avis du parlement (ou son vote) prévalait sur celui de la commission?

Gaël a dit…

pas encore le coucou... ce sera normalement le cas après la mise en place du nouveau traité (Lisbonne) suite au Oui massif et franc des Irlandais :) Mais la précipitation s'explique pas le fait qu'il n'est pas encore ratifié et qu'on fonctionne encore suivant les "anciennes règles", enfin je crois que c'est un truc comme ça

Rébus a dit…

Et aussi par le fait que cela s'est réglé par une "commission mixte", ou tout était joué d'avance

Lucien a dit…

La comission, des gens même pas élus qui décident, mais c'est comme en France avec les cireurs de pompes du petit.
Amicalement
Béa et Lucien

Homer a dit…

Concrètement, avec l'échec à venir de la loi Hadopi, on peut s'attendre à voir naitre une autorité de contrôle du net qui mettra fin à la fois au piratage (?) et à la liberté d'expression ;-).

Eric citoyen a dit…

Ca valait le coup d'attendre ... mais ce n'est pas une raison pour recommencer !

Chouettes billets

@ +

Bésitos

Olive a dit…

A dieu liberté, on sait que le combat de Sarko est bien de contrôler le net, seul chose qui lui échappe pour le moment, afin aprés de lancer la dynastie SArkozy

BA a dit…

Je relaie un appel à manif qui circule sur twitter et sur facebook :

" Comment peut-on nous faire croire qu’une personne, qui n’a jamais travaillé dans une entreprise, peut diriger un quartier d’affaires employant près de 150 000 personnes ?

Je vous appelle donc à faire circuler cet évènement autour de vous et j’espère que vous serez très nombreux à participer de cet élan collectif.

Ne laissons pas le principe de « majorité silencieuse » aux sujets des journaux télévisés. Montrons qu’il existe vraiment.

Rendez-vous donc ce samedi 17 octobre devant la Grande Arche de La Défense à partir de 14h.

Si, comme je l’espère, nous sommes nombreux, je propose d’organiser un SIT-IN silencieux à 14h30 précises. Je suis à l’écoute de toutes vos suggestions et accueille très favorablement d’autres volontaires.

A bientôt, "

http://twitter.com/BrunoMYM

des pas perdus a dit…

Les socialos nous auraient menti ? Décidément, ce que tu nous apprends est scandaleux.

Je ne regrette pas d'avoir voté pour le front de gauche... quand on nous parlait du vote utile.

BA a dit…

Dans l’hebdomadaire Bakchich, mercredi 7 octobre 2009, page 4, Nicolas Beau écrit :

« L’affaire qui hante les nuits de Sarko.

Bakchich a consulté les cahiers de Gérard-Philippe Menayas, ancien directeur financier de la DCNI (Direction des Constructions Navales Internationales). Nous en publions des extraits. Pour l’instant, le Parquet de Paris fait tout pour que ces éléments extrêmement sensibles soient exclus du périmètre de l’information judiciaire.

Rédigés jusqu’en mars 2008, ces écrits ne constituent que des « allégations non vérifiées », comme le constate une note de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), dont Bakchich a pu prendre connaissance. Reste qu’à l’Elysée, mais aussi chez les socialistes, on suit comme le lait sur le feu l’évolution de ce dossier judiciaire explosif.

Passionnants à décrypter, les cahiers Menayas comportent de nombreuses initiales : NS pour Nicolas Sarkozy, JPP pour Jean-Paul Perrier, président de Thales International. Des codes apparaissent également : BACCHUS pour Jean-Marie Boivin, grand manitou des commissions ; DD pour Andrew Wang, l’intermédiaire flamboyant qui reçut près d’un demi milliard de dollars pour le contrat des frégates.

1- Balladur et Guigou mis en cause.

A propos du contrat des frégates, les cahiers Menayas révèlent que « l’un des principaux bénéficiaires serait Edouard Balladur. L’autre, Elisabeth Guigou, grâce à un système élaboré de prêts adossés. »

Toujours d’après les cahiers Menayas, « les masses financières dont Andrew Wang assurait la circulation occulte étaient destinées à la France et, pour une part substantielle, à l’Allemagne. Pour notre pays, elles devaient revenir au Parti Socialiste, à des membres du Parti Républicain, et à des balladuriens, via Charles Pasqua. »

Notons qu’une des rares traces de rétro-commission retrouvée par le juge suisse Paul Perraudin concernait Etienne Leandri qui, jusqu’à son décès en 1995, fut le grand argentier de Charles Pasqua.

Ailleurs, Gérard Menayas note : « Les rétros JMP / Bravo (nom de code du procès des frégates) ont été rétrocédées à J.Y. Le Drian », ancien maire de Lorient.

Enfin, « JPP (Jean-Paul Perrier) a utilisé la société Lobbying Transasia Developpement, présidée par Jean-Marie Cambacérès. » Jean-Marie Cambacérès, ancien député socialiste, était un spécialiste de l’Asie.

2- L’Elysée suit le dossier de près.

« Les autorités luxembourgeoises auraient découvert que NS aurait été intéressé à SW2 (le contrat de ventes de frégates à l’Arabie Saoudite) avec le concours de Nicolas Bazire, voire de Jean-Luc Lagardère, dont il a fréquenté les haras » note Menayas.

Le nom de Nicolas Bazire, à l’époque directeur de cabinet d’Edouard Balladur, n’apparaît pas par hasard. Un rapport de la DNIF (Division Nationale des Investigations Financières), daté du 5 mars 2007, et versé au dossier des juges Hullin et Desset, revenait sur la création de Heine, une des officines luxembourgeoises créées par la DCNI : « Une chronologie fait apparaître que la création de la société Heine, au deuxième semestre 1994, s’est faite après accord de Nicolas Bazire et du ministre Nicolas Sarkozy », notait le rapport des flics financiers.

D’après les cahiers Menayas, Nicolas Sarkozy aurait envoyé deux émissaires rencontrer Bacchus (Jean-Marie Boivin), l’homme-clé des commissions des constructions navales. Cette initiative, pouvons-nous préciser à Bakchich, date de l’époque où Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur. L’enquête préliminaire qui devait aboutir à l’ouverture d’une instruction judiciaire était engagée. Il y avait le feu au lac apparemment.

Par ailleurs, Bacchus aurait reçu plus tard un courrier à l’en-tête de la présidence de la République, de Claude Guéant, bras droit de Sarkozy, « s’excusant que le numéro 1 n’ait pas le temps de recevoir Bacchus », mais s’engageant « sur un RV avec Hervé Morin », ministre de la Défense.

BA a dit…

3- Un procureur de Paris prudent.

Dans un courrier interne daté du 22 novembre 2007 et que le site Bakchich Info avait publié, le procureur Jean-Claude Marin avait effectivement averti sa hiérarchie qu’il allait « circonscrire » l’enquête aux éléments les moins sensibles…

« JC Marin, petit frère, pilote l’instruction, dont il a sérieusement réduit le périmètre. Il y a malgré cela affecté deux magistrats de premier plan. C’est un opportuniste, balladurien reconverti à NS », note enfin Gérard Menayas.

Nicolas Beau.

Contemplatif a dit…

Bravo pour le billet Rébus et merci de sortir de ces crapoteuses affaires de sous-politique qui fleurissent ces derniers temps.

http://www.dailymotion.com/video/x75ojx_leurope_music

Nemo a dit…

Rébus,

Je vois que nous partageons un sentiment d'overdose de petites affaires (voir mon billet du jour).
Juste une petite précision: la prostitution n'est absolument pas illégale en France. Le racolage en revanche oui.

Rébus a dit…

Ba, merci pour ces infos

Contemplatif, pas facile en même temps d'échapper à ce "fonds de l'air"

Nemo, ah, ok, je ne savais pas, même si c'est hypocrite vu le traitement réservé aux prostituées depèuis les lois sarko, donc si seul le racolage est punissable, ainsi que le proxénétisme, une "maison close" (qui n'existent plus depuis 1946) gérée collectivement et sans contraintes serait tout à fait légale ?