mercredi 15 décembre 2010

Voter utile, euh, c'est à dire...

La question du vote "utile" agite ces derniers temps la "gauchosphère"; une chaîne, lancée par Stef, invite ainsi divers bloggers à énoncer leur positionnement.

Le vote utile, du moins ce que j'en ai capté à la lecture des billets de mes camarades serait celui qui assurerait la victoire, ou au moins la présence au second tour, d'un candidat de gauche.

Il va de soi que ce candidat de gauche ne peut qu'être issu du PS, que ce même PS n'ait pas encore désigné son candidat, et donc, finalement son projet, n'est pas un problême, votons utile, tous derrière et lui (ou elle) devant.

On me rétorquera que le PS a déjà un projet, ok, sauf qu'il sera fatalement modifié, amendé, selon le candidat qui sera investi.

Du reste, ce projet actuel ne me convenant pas, devrai-je le soutenir,au seul prétexte de l'union sacrée contre l'UMP ?

Inutile d'agiter à nouveau la débâcle jospinienne de 2002, je n'ai jamais cru que les seuls Chevènement et Taubira avaient fait dérailler l'austère qui se marrait ; bien au contraire,le "mon programme n'est pas socialiste" a été, selon moi, beaucoup plus dommageable pour le retraité de l'Ile de Ré.

Si l'on suit les faiseurs d'opinion, le mieux placé, à l'heure actuelle,pour dézinguer le squatter de l'Elysée est l'actuel directeur du FMI, l'accompagnateur heureux des plans d'austérité actuels. Désolé, ce n'est pas la politique que j'ai envie de voir à la tête de l'état.

Je n'appelle donc pas à voter utile au premier tour,me réservant le droit de voter pour un candidat, un parti, plus proche de mes aspirations, nommément le Parti de Gauche. Pour le second tour,mon vote se fera (si évidemment un candidat de gauche est présent) en fonction des discussions qui auront nécessairement lieu et de ce qui en résultera, le vote blanc n'étant pas exclu.

Pour paraphraser DPP, " nous n'appellerons donc pas à voter pour un Papandreou français - en jupe ou un pantalon - au motif qu'il possède la carte d'un parti naguère socialiste !".

mardi 7 décembre 2010

ooh aah Cantona...

Mardi 7 décembre, la révolution cantonesque aura-t-elle lieu ?

Le petit monde médiatique français tremble sur ses bases,toujours pleins de morgue mais vaguement inquiets tout de même, et si ?

Heureusement, quelques fines gachettes sont montées en ligne ces derniers temps, s'accordant toutes à dire l'imbécillité du pape de la métaphore chalutière.

Diantre,un footeux qui la ramènerait, voilà de quoi mobiliser les Alain Minc de ce monde.

Des penseurs à crampons,on s'attend à des déclarations sur le montant faramineux des impôts français(Anelka)ou de fines analyses sur les performances comparées des grosses cylindrées italiennes.L'appel à une hypothétique révolution n'entre pas dans les attributions des "dieux du stade", renvoyés dans leurs buts par Lagarde, ce phare de la pensée moderne, conspués par les éditorialistes du cercle de la raison (notion chère à...Alain Minc, encore)

Pourtant, cet appel de Cantona n'a jamais existé, c'est juste une construction médiatique.L'ex King mancunien émet une idée, ou relaie plus exactement, celle-ci n'étant pas de lui mais, jamais, ne fixe de date ou ne lance d'appel. La vidéo buzze sur internet et naît alors cette "révolution" Cantona, pur raccourci journalistique,symbole parfait de nos médiocres médiacrates toujours en manque de figures connues pour meubler ses colonnes.

Le buzz s'amplifiant, il devient urgent de discréditer le révolutionnaire sponsorisé par Nike.On verra ainsi certains thuriféraires habituels de l'argent roi, des qui ne s'offusquent jamais de certains salaires, certaines fortunes, rappeler que l'ami des mouettes est plutôt bien pourvu financièrement.

Certes, Canto est à l'abri du besoin mais que voilà une attaque surprenante de la part de ces chantres perpétuels du dieu pognon ; nonobstant la bassesse de l'argument, doit-on comprendre qu'il faut être pauvre pour penser que tout ne tourne pas rond dans le monde de la main invisible (dans ta gueule) du marché.

Heureusement, le Figaro est là pour nous apprendre que l'ex karatéka à crampons a fait virer, le traître, salaud de riche, 750 000 euros sur un compte au Crédit Agricole et que son épouse cachetonne dans une pub à la gloire d'un établissement bancaire.(tiens, me fait penser à Bono et ses déménagements fiscaux tout ça)

Ouf, l'avons nous bien descendus se félicitent nos fabricants d'opinions...

Pour une idée "stupide", on dirait que l'on a un peu paniqué du côté des banques et, rien que pour cela, la révolution Cantona aura été une bonne initiative (même si, pour rappel, Canto n'a appelé à rien)

vendredi 3 décembre 2010

Chômeurs-pride

Pendant que le téléthon s'empare de l'actualité, il est des évènements que l'on passe quasi sous silence.

Il en est ainsi de la "chomeurs-pride" qui aura lieu le 4 décembre 2010(demain donc) à l'appel des associations AC!, APEIS, MNCP et CGT-Privés d'emploi.

Manifestation soutenue par CIP-IdF, Génération Précaire, Jeudi Noir, le DAL, Stop-Précarité, ainsi que des organisations syndicales (Sud-Solidaires, SNU/TEFI…) et des partis politiques de gauche.

La notion de fierté est rarement associée à l'idée du chômage, dans une société ou le discours général est bien plus à la culpabilisation du chômeur, lui intimant de se faire le plus petit possible et, surtout de ne pas la ramener , encore moins de revendiquer.

Les chômeurs sont plus de 4 millions dans notre société, et ils sont pourtant quasi invisibles, évoqués seulement sous la forme de statistiques mensuelles.

La "chômeur-pride" est là pour rappeler l'existence de ces néo-intouchables et montrer que, non,ils ne crèveront pas en silence

mercredi 10 novembre 2010

Petits arrangements avec le SMIC

La grande distribution est un monde merveilleux, elle nous pond régulièrement des pubs acidulées, enjouées, nous dépeignant une sorte de paradis moderne.

Vous,moi, imbéciles clients, déambulons gaiement dans des travées débordantes, cerveaux vidés et disponibles, prêts à dégainer la carte bleue , sous l'oeil ravi d'un personnel souriant,empressé et,visiblement, heureux d'être là.

Bref, la vie est belle, sauf que non, les salariés ne sont pas forcément ravis. Stress, amplitude horaire, turn over, machines appelées à remplacer du personnel, station debout prolongée ou simplement contact avec une clientèle parfois rugueuse,la GD n'est pas le paradis entrevu dans les spots publicitaires.

Elle l'est encore moins lorsque l'on chicane sur les salaires, n'hésitant pas à les payer en dessous du tarif légal. Une pratique vue chez Carrefour aussi bien que chez Auchan, peut être chez d'autres, deux procès récents mettaient en cause ces deux enseignes.

On voit que, lorsqu'il s'agit de pressuriser le personnel, les deux concurrents ont les mêmes méthodes.

Dans les deux cas, la justification est la même, pas de volonté délibérée, non, juste une interprétation élastique et personnelle des lois.

Les deux enseignes ont su jouer sur l'ambiguité de la rémunération des temps de pause, ambiguité introduite au moment de la mise en place des 35 h.

Des 35 h décriées en permanence par la droite mais jamais réellement mises en cause, leur application ayant permis ce genre de joyeuseté, renégociation drastique des pauses, ainsi que l'annualisation et, n'oublions pas, gel des salaires, en clair une aubaine pour le patronat.

A l'issue de son procès, Carrefour a été condamné, ce qui n'est pas le cas d'Auchan, il semble donc que, selon les tribunaux (ou les avocats), la justice n'ait pas encore d'avis tranché sur le sujet.

En attendant ce flou permet d'exploiter tranquillement des salariés, quasiment légalement, les joies d'un libéralisme moderne, celui qui permet à la famille Mulliez, patrons d'Auchan, de bénéficier du bouclier fiscal, de résider en Belgique pendant que l'on rogne les salaires et démantèle le système de retraites

lundi 8 novembre 2010

L'Angleterre comme modèle

La hype médiatique du moment, ce sont les déclarations de De Villepin, qualifiant son ex pote au croc de boucher de "problême pour la France". Il est de bon ton également de se gausser de la participation de Mélenchon au pince fesses spécial maison de retraites du gendre idéal le plus momifié de France. On peut également pour rester dans le politique évoquer l'éventuel futur remaniement.

Pourtant, pendant ce temps, il est des déclarations anodines, ou au moins passées presque inaperçues qui laissent entrevoir les futures orientations (anti)sociales du gouvernement.

Evidemment, je donne dans le procès d'intention mais les déclarations récentes de Benoist Apparu, l'ami des propriétaires, me semblent révélatrices.

Qu'a donc déclaré ce bon Benoist? Oh, trois fois rien, juste qu'il trouve très intéressante cette fantastique avancée sociale qui se profile en la perfide Albion. De l'autre côté du Chanel,les héritiers spirituels de Thatcher veulent coller des TIG obligatoires aux chômeurs.Evidemment, en cas de refus, couic, plus d'alloc, non mais oh!!!

Le petit Benoist,lui, il trouve ça intéressant. Pas adaptable (pour l'instant)parce que trop compliqué à mettre en place, mais...

La justification est toujours la même, on leur verse une alloc, il est juste qu'ils travaillent, que du bon sens mame Michu.

Oubliant au passage que ces allocs, souvent dérisoires, et toujours revues à la baisse au fil des divers accords Assedic, sont issues de cotisations sociales prélevées lors de précédentes périodes d'emploi. Eh oui, percevoir quelque chose signifie obligatoirement que l'on a travaillé ; ce n'est pas un "cadeau" octroyé généreusement mais un dû, issu de prélèvements précédents sur le salaire.

La justification de l'obligation envers la société ne tient donc plus. Oui, mais alors, quid du RMI/RSA ?

Pour l'instant, seuls les chômeurs longue durée (rappel, chômeur comptabilisé signifie chômeur indemnisé, voir ci dessus) sont ciblés mais effectivement les RSAistes pourraient être visés. Pour rappel, le RSA est de 400 euros environ (460 si absence de loyer). Faire travailler des gens 25 ou 30 heures par semaine nécessite que ce montant soit plus élevé, ou alors, on crée des travailleurs forcés, rémunérés en dessous du smic qui, à terme, concurrenceront directement les salariés munis de contrats (et de salaires ) classiques.

Sous prétexte de "recréer du lien", de "réinsérer", on voit bien que l'on ne ferait qu'exploiter des gens déjà en difficulté. Mais, euh, ce serait pas ça le but des fois (en plus de faire un petit cadeau supplémentaire au Medef - les gens les plus assistés du pays-)

Pour l'instant, ce genre de truc n'est pas à l'ordre du jour, il n'empêche que cela reste à suivre de très près.