René Dozière, connu pour sa dénonciation des dépassements budgétaires élyséens, Jean Jacques Urvoas et Arnaud Montebourg viennent de publier le détail de leurs dépenses et semblent, par cet exemple, appeler leurs collègues députés à faire de même.
Curieusement, on ne semble guère se presser, à droite, comme à gauche de suivre l'exemple.
Charles Amédée de Courson, député Nouveau Centre, augure de la future découverte de scandales semblables à ceux qui viennent de secouer l'Angleterre.
L'article de Libé est un joli florilège de réactions, passant par le député anonyme (ump) trouvant ne pas gagner assez (eh, tu connais le montant du SMIC)jusqu'à la saillie d'une député strausskahnienne, Sandrine Mazetier, qui comme seul argument, Carrie Bradshaw perdue à l'Assemblée, trouve que cette idée est "très année 90".
Ne dites pas à notre Bridget Jones députée que le socialisme est largement antérieur aux années 1990, elle pourrait vendre le morceau sur les orientations profondes du courant DSK.
L'idée de contrôle est relativement étrangère à nos mentalités "latines", ce genre de mesures se voyant aussitôt attribuer l'étiquette de puritanisme anglo saxon ou de prélude à une KGBisation de la société.
Postures anglo saxonnes que privilégient pourtant souvent nos dirigeants, obsédés qui par le thatchero/reaganisme, qui par le blairisme. Mais, là, c'est "No Pasaran". Certaines idées seraient moins admirables que d'autres, on dirait.
Curieusement, je note que l'on est plus prompt à contrôler certaines catégories (chomeurs, RSAistes) au prétexte que leurs subsides leur sont fournis par la société, que pour contrôler nos députés, qui pourtant puisent leurs revenus à la même source (sans parler du Sénat, encore moins transparent).
Promulguer une transparence réelle des comptes un 4 aout, 220 ans après l'abolition des privilèges, ça aurait de la gueule, non ?